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32% des Français achètent en vrac moins une fois dans l’année. Parmi eux, la moitié sont des consommateurs réguliers, qui en consomment au moins une fois par mois. Si les fidèles consomment en vrac pour des motivations écologiques (générer moins d’emballage), les occasionnels le font pour des raisons économiques via la maîtrise de la juste quantité. J’ai demandé à Célia Rennesson, fondatrice et dirigeante de Réseau Vrac et Réemploi, de nous partager les pistes pour démocratiser le vrac et accompagner ainsi la transformation de notre façon de consommer. Tout commence par une bonne compréhension des freins.
Sur son site internet, l’enseigne « day by day » communique clairement sur le thème du pouvoir d’achat.
1. Développer l’offre vrac pour la rendre davantage visible
Pour espérer faire évoluer les habitudes d’achat souvent très routinières, il faut déjà rendre le vrac visible au plus grand nombre. C’est le cas des boutiques spécialisées comme des grandes surfaces (généralistes ou spécialisées). Au sein des grandes surfaces, le vrac ne doit pas être implanté dans les rayons d’origine à proximité de l’offre conventionnelle, mais bien regroupé dans un espace dédié. L’idéal serait pour elle un véritable « shop in shop » ouvert et regroupant à la fois le vrac alimentaire et non alimentaire. Ce serait donc le scénario idéal pour démarrer, le temps que le vrac soit intégré à la fois dans les habitudes des consommateurs et dans la gestion par les magasins. Un peu, selon elle, comme quand on avait autrefois du personnel en grande surface qui nous servait et qui pesait les fruits et légumes.
2. Lutter contre la perception prix
Le vrac s’est historiquement développé en France via l’offre bio. De ce fait, l’offre vrac et bio et donc extrêmement valorisée ce qui peut pénaliser son développement en direction d’une population plus large. C’est la raison pour laquelle, l’offre vrac doit se développer de façon plus large que le bio. Célia Rennesson en appelle donc au développement d’une offre plus segmentée avec par exemple pour du riz blanc, une offre discount, une offre standard et une offre valorisée que ce soit via un label ou une marque.
Mais développer un autre modèle de consommation nécessite une commercialisation plus coûteuse notamment pour les acteurs qui ne sont pas issus du vrac. Alors, proposer un produit en vrac moins cher (ce qui serait légitime aux yeux du consommateur) n’est dans la réalité pas si évident. Pour espérer massifier et démocratiser le marché, elle en appelle en parallèle à une fiscalité différente pour les emballages à usage unique, mais aussi au soutien des pouvoirs publics pour toute la filière.
Le gouvernement a créé des conditions favorables pour les Jeunes Entreprises Innovantes : il doit être en mesure de faire de même pour couver l’émergence d’un nouveau marché, le temps qu’il soit à pleine maturité, d’autant que notre secteur nécessite davantage de main-d’œuvre. Il faut alléger les OPEX (cotisations des emplois de la filière notamment) et soutenir la transformation des outils industriels (CAPEX) à la hauteur des enjeux jusqu’en 2040. Célia Rennesson
3. Garantir une hygiène irréprochable
Réseau Vrac et Réemploi mise sur la formation et a développé un guide des bonnes pratiques d’hygiène pour tous les commerçants du vrac. Il en appelle aussi à l’innovation en matière d’équipements afin de développer des équipements de vente minimisant les manipulations avec par exemple des solutions « plug and play ». La filière a produit en moyenne une innovation par mois ces six dernières années et cela continue. D’ailleurs les 13 et 14 mai prochain, au parc Floral de Paris à l’occasion du salon du Vrac et du Réemploi, plus de 250 solutions innovantes seront exposées.
4. Rendre l’expérience d’achat plus fluide
La consommation vrac ne s’improvise pas et nécessite un accompagnement au tout début. C’est le rôle des vendeurs. Mais là où il n’y en a pas (comme dans la grande distribution) des équipements doivent en partie prendre le relai. Là encore, elle en appelle au rôle de l’innovation pour proposer des solutions de matériels facilitant la pesée et notamment la maitrise du prix et des quantités. C’est pour cette raison notamment que l’association a lancé le Tremplin Innovation et récompensé trois lauréats promoteurs.
Distributeur de vrac automatisé « Micael » de la société Sysalp pour le fabricant de pâtes Alpina Savoie (photo : réseau Vrac et Réemploi)
Kodashi : un en-cas healthy, sur mesure et sans emballage en distributeur automatique.
5. Recruter des marques nationales
Pour espérer recruter, il faut, selon Célia Rennesson, convaincre les grandes marques nationales de se convertir au vrac. Beaucoup d’entre elles attendent d’avoir des listes d’ingrédients plus clean afin d’être légitimes dans un univers où la liste d’ingrédient est placardée pleine face. Certaines marques donnent clairement l’exemple comme Lustucru (avec au passage un prix inférieur en vrac répondant ainsi à la promesse zéro déchet et prix) mais aussi Michel et Augustin ou encore Beendi.
Panzani teste le vrac chez Intermarché – Photo (Points de Vente)
La boutique vrac Ethiquable – Photo (Sans Filtre Ajouté)

13 et 14 mai 2024 : visiter le Salon du Vrac et du Réemploi, la rencontre internationale des solutions alternatives à l’usage unique : vrac, réemploi, réparation, réutilisation
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